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Bienvenue sur mon blog. Je vous livrerai régulièrement mes commentaires sur l'actualité et vous ferai part de mes activités. Je reste à l'écoute de vos commentaires.
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Comment va l’école ? Aussi bien qu’elle en a l’air dans notre quartier du 6ème, aussi mal qu’on le dit dans les quartiers relégués ? Quels sont les moyens disponibles pour lutter contre les inégalités et faire du droit à l’éducation une réalité : carte scolaire, zones d’éducation prioritaires, discrimination positive, d’autres encore ? D’ailleurs, sommes nous bien clairs sur ce que nous attendons de l’école ? Doit-elle former de futurs salariés ou de futurs citoyens ? Qu’attend-on des enseignants et quelle place les parents ont-ils au sein de cette grande institution ?
Avec Professeur en sciences de l'Éducation - Université lumière Lyon 2 |
Café Réminiscence, 123 rue Bugeaud 69006 LYON, métro Brotteaux
jeudi 26 octobre - 20 H 30
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Pour nous proposer quelques réponses, nous avons invité Philippe Meirieu. Cet universitaire engagé est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’école.
Il a pratiqué l’enseignement, la recherche sur l’enseignement et fréquenté aussi les ministères. Très impliqué dans les débats publics sur l'éducation en France, il s'est toujours battu pour une pédagogie exigeante, basée sur une transmission culturelle de haut niveau et qui ne sacrifie jamais ni les savoirs ni les élèves. |
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A la faveur des mouvements étudiants et lycéens, s’est trouvée à nouveau posée avec force la question de l’accès à l’emploi des jeunes ; je me suis posée quant à moi celle de l’avenir de l’enseignement supérieur et du rôle de l’Université dans l’accès au marché du travail. A vrai dire, les motifs d’inquiétudes sont assez nombreux : faiblesse structurelle des dépenses d’éducation supérieure, conditions de travail dégradées, accompagnement social des étudiants défaillant… |
Comme pour la Recherche, le sous-investissement est durable et majeur, il menace la compétitivité de la France et offre de sombres perspectives en terme de développement économique et social.
Je reprenais, il y a quelques jours, les conclusions du rapport Education et Croissance. Ce rapport est sorti il y a maintenant deux ans. Ces conclusions sont explicites : pour franchir ce qu’il appelle la « frontière technologique » et passer d’une économie d’imitation à une économie d’innovation porteuse de croissance, il faut dépenser plus pour l’enseignement supérieur. Or, le niveau actuel des dépenses place notre pays dans une situation défavorable au regard des autres pays de l’OCDE. La France consacre ainsi 1,1 % de son PIB au Supérieur contre 2,4 % aux Etats-Unis, 1,9 % au Canada ou 1,7% en Suède. Les conditions de travail des étudiants s’en ressentent : amphis surchargés, taux d’encadrement faibles, sous équipements manifestes. Les résultats scolaires aussi, 25 % des étudiants effectuent effectivement leur DEUG en deux ans !
A cela s’ajoute, en dépit des progrès accomplis depuis trente ans, la persistance d’inégalités fortes en fonction de l’origine sociale dans l’accès aux études, comme dans les chances de réussite. Les jeunes sortant du système éducatif avec le moins de diplôme demeurent les enfants d’ouvrier. L’accès à l’enseignement supérieur reste socialement discriminant, et pose en filigrane la question de l’accompagnement social des étudiants. L’état des lieux est préoccupant . La précarité en milieu étudiant, les difficultés de logement, l’inégalité dans l’accès aux soins sont des réalités tangibles. Si la population couverte par le système d’aide sociale a cru de façon importante depuis 1998, le niveau actuel des bourses demeure faible et en tous les cas insuffisant si l’on en croit le développement du salariat étudiant à concurrence des études.
En outre, pris dans son ensemble, le système d’accompagnement social des étudiants est peu redistributif. Les prestations sous conditions de ressources (bourses) sont en effet minoritaires puisqu’elles ne représentent qu’un tiers des aides versées aux étudiants. A l’inverse, les aides au logement ainsi que les déductions fiscales attachées au quotient familial apparaissent globalement anti-redistributives. Cela revient à dire que les étudiants ayant le plus besoin d’un soutien financier ne profitent pas prioritairement du dispositif en place.
La perspective des élections offre l’occasion de repenser un système d’enseignement supérieur socio-économiquement efficace et socialement juste. Je crois qu’un effort tout particulier devrait être fait en matière d’accompagnement social des étudiants, en augmentant le nombre des bourses de formation à l’étranger, en contribuant à l’élaboration d’un plan national du logement étudiant, en favorisant l’information et l’orientation, en contribuant, enfin, à l’amélioration des conditions de travail des étudiants, par le développement des NTIC à l’Université par exemple.
La rôle de l’innovation dans la croissance requière un effort de formation de plus en plus élevé. Les dépenses d’éducation doivent être une priorité économique et sociale c’est-à-dire d’abord une priorité budgétaire. Sans attendre le gouvernement actuel doit être rappelé à ses devoirs : les investissements dans le Supérieur d’aujourd’hui sont la croissance et les emplois de demain.
(Mea culpa, encore un peu techno, d'accord...)
Le 23 mars se tenait à fédération du Rhône le « jeudi socialiste du projet » consacré à l’éducation, en présence de Christiane Démontès et de Pierre-Alain Muet, en charge du Projet pour le Rhône. En tant que secrétaire fédérale à l’éducation j’ai animé cette séance avec par Brigitte Jannot (secrétaire fédérale à l’enseignement supérieur).

Pierre-Alain Muet a présenté les grandes lignes des travaux en cours. Les socialistes considèrent, ainsi, que l’éducation doit être au cœur du Projet, avec l’ambition d’une école plus juste qui donne aux jeunes des chances plus égales de réussite et de promotion sociale. Pour surmonter les inégalités sociales qui obèrent la réussite scolaire et tenir compte de la diversité des jeunes, le PS entend lutter contre l’échec scolaire dès la petite enfance, donner des moyens supplémentaires aux élèves, rénover la politique des ZEP, diversifier l’offre pédagogique et proposer de meilleurs conditions d’accueil.
Après avoir rappelé les missions de l’école républicaine au XXIème siècle, je me suis attaché a faire le bilan critique de la politique actuelle sur lequel appuyer des propositions de réforme ; un débat riche s’est engagé avec les participants :
Une école qui ne garantit pas l’égalité des chances, des inégalités dans la réussite scolaire acquise dès avant la 6ème, des procédures d’orientation défaillantes. Les carences de l’institution scolaire ont été passées au crible et en particulier celles de la politique d’éducation prioritaire, tout en soulignant les effets positifs du ciblage des moyens et de la réduction du nombre d’élèves par classe. Enfin, les participants ont dressé le constat d’une politique sociale mal définie et mal assurée de l’institution scolaire.
Les thèmes de la parentalité, du soutien scolaire, de la fonction sociale de l’école ont été débattus. La pauvreté et la question du déterminisme social ou la territorialisation des politiques d’éducation ont aussi été abordés. Enfin, le problème de la revalorisation du statut des enseignants a été souligné, ainsi que la nécessité de diversifier les parcours et de faciliter les mobilités.
Au terme de cette réunion a été mis en place le groupe de travail éducation chargé de poursuivre les débats et de formuler des propositions.
L’Enseignement supérieur qui n’a pu être abordée durant cette réunion fructueuse, le sera prochainement lors d’une réunion spécifique avec B. Jannot.
Pour ceux d’entre vous qui s’intéressent à ce sujet, qu’ils aient ou non rejoint le groupe de travail, je vous recommande la lecture de quelques rapports très intéressants :