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Bienvenue sur mon blog. Je vous livrerai régulièrement mes commentaires sur l'actualité et vous ferai part de mes activités. Je reste à l'écoute de vos commentaires.
Il y a peu d’hommes politiques aussi respectés que lui, et je fais partie de ceux qui, au Parti Socialiste ou non, éprouvent depuis toujours une grande admiration pour son action, son intelligence, sa culture et son courage.
Lors de sa venue à Lyon, lundi dernier, à l’occasion des 25 ans de l’abolition de la peine de mort j’avais l’espoir de le rencontrer et d’échanger quelques mots avec lui.
En l’écoutant ce soir-là, je crois avoir mieux compris ce qui fait la force de cet homme.
Alors que l’immense majorité de l’assistance était venue lui rendre hommage pour ce qu’il avait accompli dans le passé, il a nous a assez fermement prié de bien vouloir ranger souvenirs et flatteries, et de nous intéresser avec lui à l’avenir du combat qu’il mène pour l’abolition universelle et l’amélioration de la condition pénitentiaire en France.
Il a rappelé, avec ce ton dont il a le secret, la nécessité de préserver les vies menacées par une condamnation à mort partout à travers le monde, et l’urgence de défendre les valeurs sans lesquelles, je le cite, « tout n’est que barbarie ». La nostalgie n’avait clairement aucune place dans son esprit.
Je me suis naturellement sentie très concernée par les deux sujets qu’il a abordés. D’abord parce que je suis engagée depuis plus d’un an dans la campagne d’opinion « Trop c'est trop » pour l’instauration du Numerus Clausus dans les prisons françaises, et que je regarde de très près le sort des prisons vétustes de Lyon qui doivent être détruites d’ici 2009 (j’y reviendrai lors d’un prochain post). Ensuite, parce que la peine de mort est toujours en vigueur au Maroc, où je suis née, même si un moratoire de fait y est appliqué depuis 1993. Je suis donc très attentivement la bataille qu’y mènent les abolitionnistes.
L’appel de Robert Badinter à la mobilisation, sa force de conviction, et son espoir serein en un avenir meilleur furent donc, au-delà de ce que j’espérais, une belle leçon de politique et, plus simplement, un exemple d’attitude à adopter dans la vie.
Comme il me l’a répété plus tard dans la soirée (j’ai finalement eu l’occasion de lui parler), il a finalement une grande confiance dans la capacité des nouvelles générations à mener les combats qui sont les leurs, à leur manière, et sans complexe.
Cette brève rencontre avec Robert Badinter, loin de me renvoyer à un passé glorieux et révolu de la gauche au pouvoir, m’a finalement donné beaucoup d’espoir dans la capacité de l’action politique à changer les choses. Ce soir-là, je me suis sentie bien dans ma peau de candidate aux élections législatives et déterminée à faire revenir une majorité de gauche au Parlement, à faire de grandes choses...
Les lettres adressées par plusieurs préfets à Nicolas Sarkozy comme l’agression sauvage et intolérable de deux policiers à Corbeil Essonne viennent témoigner de l’échec de la politique de lutte contre la délinquance du ministre de l’Intérieur. Le « Sarko show » est terminé et la réalité se révèle sans fard : les violences contre les personnes ont augmenté de 27 % en quatre ans !
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Alors que vient d’être adopté en première lecture au Sénat le projet de loi relatif à la prévention de la délinquance, le ministre de l’intérieur, loin d’assumer ses responsabilités, jette sur la justice un discrédit totalement infondé et profondément injuste. Je suis sincèrement choquée par cette atteinte frontale au principe de séparation des pouvoirs. Pour la première fois dans notre histoire, il faut que ce soit le plus haut magistrat du siège qui manifeste publiquement, devant l’assourdissant silence du Garde des Sceaux, son soutien aux magistrats de Bobigny ! |
Une loi de répression
Dans ce contexte, la nouvelle loi de prévention de la délinquance (c’est le sixième texte sur la sécurité depuis 2002) m’inquiète vraiment. Ce n’est pas une loi de prévention, mais bien une loi de répression. Une loi qui rompt avec la logique éducative de l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, qui confond délinquance et maladie mentale (en proposant d’augmenter les possibilités d’hospitalisation sous contrainte). Une loi enfin qui consacre le désengagement de l’Etat qui se défausse de ses responsabilités sur les maires transformés en auxiliaires de justice. On n’y parle ni d’emploi, ni de formation, ni de logement. Les mesures proposées ne règlent pas les causes profondes de la délinquance mais instaurent un traitement pénal des problèmes psychologiques, éducatifs et sociaux des populations les plus précaires et des jeunes. (Je vous conseille de lire l’analyse du projet de loi par le
L’ambition de la prévention
N’est-il pourtant pas urgent de prendre des mesures ambitieuses de prévention de la délinquance ?
D’abord, nous payons depuis quatre ans les conséquences de la suppression de la police de proximité. Il est impératif, et c’est le projet des socialistes, de rétablir sans tarder cette police qui avait montré son efficacité.
Ensuite, il faut avoir une politique énergique de prévention de la délinquance juvénile en opposant à la pénalisation croissante des mineurs le postulat que le mineur délinquant est aussi un mineur victime. Pour éviter la récidive et s’assurer de la valeur éducative de la sanction, celle-ci doit être suivie d'un effort de réinsertion en faveur de ceux qui ont été sanctionnés. Cela signifie notamment qu’il faut développer les alternatives aux poursuites et à l’enfermement des mineurs. Mais pour cela, encore faut-il que la justice de notre pays ait des moyens à la hauteur des enjeux. La pauvreté de ceux de la protection judiciaire de la jeunesse est criante. On pourrait utilement les augmenter en constituant des équipes pluri-disciplinaires (éducateurs, pédo_psychiatres, assistantes sociales, inspecteur de l’éducation nationale…) chargées du suivi individualisé des mineurs délinquants et de la rapide application des décisions de justice, ce qui n’est aujourd’hui souvent pas possible. D’une manière générale, il faut augmenter les moyens de la justice, en lui permettant d’assumer toute sa place dans les dispositifs partenariaux, on pourrait par exemple suggérer que les juges des enfants soient membres de droit des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Enfin, une politique de prévention de la délinquance ne saurait faire l’impasse sur une politique ambitieuse de la jeunesse, de l’éducation et des territoires (en l’espèce, la réponse à la crise des banlieues de novembre 2005 est dérisoire, le Premier ministre s’étant contenté de restaurer les crédits politique de la ville à leur niveau de 2003, ce qui était dejà notoirement insuffisant). Sur ces sujets, j’ai déjà eu l’occasion de parler de la nécessité d’instituer un
Bref, dans l’adversité, il n’est ni digne ni efficace de jouer la division. Ni les policiers, ni les magistrats, ni les éducateurs, pour ne citer qu’eux, ne ménagent leur peine au quotidien. La lutte contre la délinquance requiert la mobilisation unanime de tous les acteurs.
Merci à Christian Coulon, Maire du 8e arrondissement et Yvon Deschamps, président de l'OPAC du Rhône, de m'avoir associée mercredi dernier au cinquantième anniversaire de la Cité Laënnec. J'y ai rencontré certains des tout premiers habitants de ces immeubles, arrivés en 1956 à une époque où la rudesse de l'hiver les avait totalement privés d'eau et de chauffage...50 ans déjà, voila qui renforce les liens: les locataires donnent l'impression de tous faire partie d'une grande famille, grâce notamment aux bons soins de l'infatigable présidente du comité des locataires, Mme Marie Louise Lamoureux. J'ai vraiment passé un trés bon moment.